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'On ne compte plus les entrepreneurs qui rêvent
de s'implanter outre-Manche. De la fiscalité à l'immobilier,
en passant par le marché du travail'
Nathalie Mourlot - Extrait du Dossier
n°188 du magazine ‘Entreprendre’
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- « Quel est le pays du monde où les dirigeants
d'entreprise les plus dynamiques rêvent de s'installer ?
»
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La Grande-Bretagne. C'est ce que confirme une enquête réalisée
par l'association Growth Plus auprès de ses 500 membres,
tous dirigeants d'entreprises européennes à très
forte croissance. Ils devaient noter divers pays pour les possibilités
qu'ils offrent d'y développer une petite structure. Verdict
: avec un total de 49 points sur 60, le Royaume-Uni devance tous
les autres, y compris les Etats-Unis. Même plébiscite
lorsque IDC et Start-Up Forum demandent à 200 dirigeants
de start-up françaises où ils envisagent d'établir
leur première implantation étrangère. Au
Royaume-Uni, pour 53 % d'entre eux..., alors que l'Allemagne,
deuxième pays cité, n'en attire que 13 %.
Depuis les années Thatcher, l'implantation en Grande-Bretagne
est devenue un mythe pour les entrepreneurs européens. Notamment
les Français. Le fameux « je vais partir en Angleterre
» sert de cri d'espoir à tous ceux qui rêvent
de profits maximisés, et de coup de gueule à ceux
qui n'en peuvent plus des pesanteurs du secteur public. Mais tant
que l'on n'a pas franchi la Manche, on risque fort de rester prisonnier
des idées fausses qui circulent sur ce que l'on trouve au-delà
des falaises de Douvres. Pour distinguer la réalité
du fantasme, nous avons confrontés neuf idées reçues
à la réalité.
- « Les rapports avec l'administration sont complètement
différents »
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Vrai. Outre-Manche, l'Administration fait tout pour facilité
la vie des contribuables !
« Tous les chefs d'entreprise que nous accompagnons sont
frappés par l'attitude positive de l'administration britannique
vis-à-vis des entrepreneurs », constate, amusé,
Stephen Bradley, conseiller commercial à l'ambassade de
Grande- Bretagne et responsable de la branche française
de l'organisme public Invest UK, chargée d'encourager les
entreprises de l'Hexagone à s'implanter au Royaume-Uni.
Et c'est un fait : outre-Manche, l'Administration fait tout pour
faciliter la vie des contribuables ! Les formalités sont
simplifiées au maximum : les déclarations de TVA
se résument à sept lignes à remplir chaque
trimestre ; la société peut choisir et modifier
à son gré son régime (sur facturation ou
sur encaissement) ; les bulletins de salaire comportent moins
de dix lignes... « Le plus hallucinant, c'est le paiement
des charges sociales, renchérit Jean-Claude Cothias. On
reçoit une petite lettre de l'organisme collecteur, accompagnée
d'un bordereau de traitement et d'une enveloppe pré-adressée,
qu'il suffit de retourner en joignant le chèque correspondant
: cela prend dix minutes montre en main ! »
Et ce n'est pas tout. L'administration britannique part du principe
qu'elle est à votre service. « Si vous vous posez
une question sur l'application de la TVA ou tout autre point,
vous appelez le service concerné, et un responsable vient
vous aider à débrouiller votre problème,
en toute cordialité », témoignent Xavier Lalouet
et David Rosenberg, qui codirigent SBE Limited (maintenance de
terminaux de télécommunications), la filiale d'une
société française installée dans le
Kent. « En Grande-Bretagne, le fisc exerce des contrôles
non répressifs, ajoute Alain Marchand, avocat fiscaliste,
spécialiste des implantations transfrontières euro-
péennes. Lorsque l'Administration vous pose une question,
elle vous demande pardon de vous importuner. Et si elle a commis
une erreur à votre encontre, elle vous adresse une lettre
d'excuses. » Sans commentaire !
- « La Grande-Bretagne est un paradis fiscal »
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Vrai/Faux. Contrairement à une idée bien ancrée
dans les esprits, l'Angleterre n'est pas une zone franche en matière
fiscale !
« Beaucoup de Français s'imaginent qu'en quittant
l'Hexagone, ils vont jouir d'une totale liberté. Malheureusement,
il faut savoir qu'il existe aussi des réglementations assez
strictes en Angleterre, ainsi qu'une convention fiscale franco-britannique
avec laquelle on ne plaisante pas », souligne Alain Marchand.
Pas de miracle pour la fiscalité des personnes physiques
: célibataires, couples mariés, avec ou sans enfants,
pour toutes les tranches, l'impôt sur le revenu est, en
gros, équivalent des deux côtés de la Manche.
En revanche, c'est très clair : le niveau de l'impôt
sur les sociétés est beaucoup plus favorable chez
nos voisins. Ainsi, pour l'exercice fiscal 2001, le taux d'impôt
sur les sociétés est limité à 10 %
pour les bénéfices inférieurs à 500
000 francs, à 20 % pour ceux compris entre 500 000 et 5
millions de francs, et à 30 % (taux maximal) au-delà.
A comparer avec l'imposition à 33,33 % et au taux réduit
de 25 % en vigueur dans notre beau pays... Et ce n'est pas tout.
La fiscalité à laquelle sont soumises les entreprises,
déjà très avantageuse au Royaume-Uni au regard
de la plupart des autres pays européens, va continuer à
s'alléger. Lors de la présentation du budget 2001
en mars dernier (l'année fiscale au Royaume-Uni va du 1er
avril au 31 mars), le ministre britannique des Finances a annoncé
une nouvelle diminution de 10 milliards de francs des taxes sur
les sociétés au cours des cinq ans à venir.
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