L' Entreprise Europeenne
 

Intérêts
Nous vous tennons informer des derniéres legislations en vigueur en terme de création d'entreprise en Europe.

  • « La main d'oeuvre coûte moins cher que dans l'Hexagone »
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    Faux. Le poids des charges sociales employeur est de 12% outre-Manche, contre 45% en France.
    « De quoi économiser un bon paquet sur sa masse salariale », se réjouissent déjà certains. Eh bien non ! Car les réalités du marché du travail britannique font que ce que l'employeur gagne en charges, il le perd en salaires. « Le coût de la vie est plus élevé en Angleterre qu'en France : c'est criant à Londres, mais cela reste vrai en Cornouailles ou dans le Yorkshire. De surcroît, le taux de chômage y est très faible : 5 % en moyenne et 2 % dans le quart sud-est », explique Anne Morel, qui dirige le service « implantation de filiales françaises » à la Chambre de commerce française de Grande-Bretagne. « Résultat : pour attirer de bons éléments, les entreprises doivent leur offrir, à niveau de poste équivalent, des rémunérations plus élevées qu'en France. Et même, bien souvent, des packages avec primes, voiture de fonction, cotisation à une mutuelle de santé... » Le PDG de Clariteam confirme : « En créant notre filiale, nous pensions que nos informaticiens nous reviendraient moins cher qu'en France. Mais si l'on additionne tout, cela revient au même. »
    Même écho chez SBE, qui rémunère ses techniciens, à Ashford, environ 30 % plus cher que ceux de la maison-mère, à Boulogne-sur-Mer. Les moins qualifiés sont payés 4,5 livres sterling de l'heure, soit plus que le Smic français.
    Et ce n'est pas tout. « Outre-Manche, on est confronté à la pénurie de candidats dans un certain nombre de secteurs », souligne Jean-Noël Mermet, président de Frenger International, spécialiste de l'accompagnement des entreprises françaises au Royaume-Uni. Marc Vallat, dirigeant de Sunlux (conception et fabrication de matériel d'éclairage), en témoigne : lorsqu'il a créé, l'an dernier, une filiale à Londres, il a passé des petites annonces dans la presse pour trouver un cadre commercial. « N'ayant pratiquement pas eu de réponses, dit-il, il a fallu recourir à un cabinet de recrutement. » Philippe Schwartz, directeur général adjoint de Esual Software (éditeur de logiciels de navigation web), raconte, quant à lui, que la société a mis six mois pour trouver le manager de sa filiale britannique.
    • « En s'implantant outre-Manche, on peut faire exploser ses ventes »
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      Vrai. Construire un business en Angleterre permet de se roder aux méthodes anglo-saxonnes et d'attaquer dans de meilleurs conditions le marché américain.
      « Pouvoir tirer parti d'une économie florissante et d'une vie des affaires extraordinairement dynamique, c'est ce qui attire les entrepreneurs français », analyse Anne Morel. Le dirigeant de Sunlux renchérit : « A partir du moment où l'on ne se contente pas d'exporter mais où l'on s'installe sur place, la Grande-Bretagne constitue un marché extrêmement ouvert. Cette année, rien qu'avec un cadre commercial et un bureau à Londres, nous allons réaliser 6 millions de francs de chiffre d'affaires avec 600 000 francs de charges fixes. » Même type d'écho chez Esual Software : « Pour 2001, nous avons budgété un chiffre d'affaires prévisionnel de 5 millions de francs pour notre filiale britannique, raconte Philippe Schwartz. Au vu de l'activité déjà réalisée à ce jour, je pense que nous ferons le double. »
      Et ce n'est pas tout. « Construire un business en Angleterre permet de se roder aux méthodes de travail anglo-saxonnes et d'attaquer dans les meilleures conditions le marché américain », fait valoir Nicolas Kourim. Le mot de la fin revient à Marc Vallat : « Les Anglais ont un niveau technologique et une qualité de services qui nous tirent vers l'excellence. Et les contacts humains sont empreints d'une grande cordialité, ce qui rend les relations d'affaires autrement plus agréables. » Ah, la politesse et l'humour britanniques...

    Nathalie Mourlot - Extrait du Dossier n°188 du magazine ‘Entreprendre’

    S'implanter en Angleterre


    'On ne compte plus les entrepreneurs qui rêvent de s'implanter outre-Manche. De la fiscalité à l'immobilier, en passant par le marché du travail'

    Nathalie Mourlot - Extrait du Dossier n°188 du magazine ‘Entreprendre’

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    • « Quel est le pays du monde où les dirigeants d'entreprise les plus dynamiques rêvent de s'installer ? »
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      La Grande-Bretagne. C'est ce que confirme une enquête réalisée par l'association Growth Plus auprès de ses 500 membres, tous dirigeants d'entreprises européennes à très forte croissance. Ils devaient noter divers pays pour les possibilités qu'ils offrent d'y développer une petite structure. Verdict : avec un total de 49 points sur 60, le Royaume-Uni devance tous les autres, y compris les Etats-Unis. Même plébiscite lorsque IDC et Start-Up Forum demandent à 200 dirigeants de start-up françaises où ils envisagent d'établir leur première implantation étrangère. Au Royaume-Uni, pour 53 % d'entre eux..., alors que l'Allemagne, deuxième pays cité, n'en attire que 13 %.
    • Depuis les années Thatcher, l'implantation en Grande-Bretagne est devenue un mythe pour les entrepreneurs européens. Notamment les Français. Le fameux « je vais partir en Angleterre » sert de cri d'espoir à tous ceux qui rêvent de profits maximisés, et de coup de gueule à ceux qui n'en peuvent plus des pesanteurs du secteur public. Mais tant que l'on n'a pas franchi la Manche, on risque fort de rester prisonnier des idées fausses qui circulent sur ce que l'on trouve au-delà des falaises de Douvres. Pour distinguer la réalité du fantasme, nous avons confrontés neuf idées reçues à la réalité.
    • « Les rapports avec l'administration sont complètement différents »
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      Vrai. Outre-Manche, l'Administration fait tout pour facilité la vie des contribuables !
      « Tous les chefs d'entreprise que nous accompagnons sont frappés par l'attitude positive de l'administration britannique vis-à-vis des entrepreneurs », constate, amusé, Stephen Bradley, conseiller commercial à l'ambassade de Grande- Bretagne et responsable de la branche française de l'organisme public Invest UK, chargée d'encourager les entreprises de l'Hexagone à s'implanter au Royaume-Uni.
      Et c'est un fait : outre-Manche, l'Administration fait tout pour faciliter la vie des contribuables ! Les formalités sont simplifiées au maximum : les déclarations de TVA se résument à sept lignes à remplir chaque trimestre ; la société peut choisir et modifier à son gré son régime (sur facturation ou sur encaissement) ; les bulletins de salaire comportent moins de dix lignes... « Le plus hallucinant, c'est le paiement des charges sociales, renchérit Jean-Claude Cothias. On reçoit une petite lettre de l'organisme collecteur, accompagnée d'un bordereau de traitement et d'une enveloppe pré-adressée, qu'il suffit de retourner en joignant le chèque correspondant : cela prend dix minutes montre en main ! »
      Et ce n'est pas tout. L'administration britannique part du principe qu'elle est à votre service. « Si vous vous posez une question sur l'application de la TVA ou tout autre point, vous appelez le service concerné, et un responsable vient vous aider à débrouiller votre problème, en toute cordialité », témoignent Xavier Lalouet et David Rosenberg, qui codirigent SBE Limited (maintenance de terminaux de télécommunications), la filiale d'une société française installée dans le Kent. « En Grande-Bretagne, le fisc exerce des contrôles non répressifs, ajoute Alain Marchand, avocat fiscaliste, spécialiste des implantations transfrontières euro- péennes. Lorsque l'Administration vous pose une question, elle vous demande pardon de vous importuner. Et si elle a commis une erreur à votre encontre, elle vous adresse une lettre d'excuses. » Sans commentaire !


    • « La Grande-Bretagne est un paradis fiscal »
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      Vrai/Faux. Contrairement à une idée bien ancrée dans les esprits, l'Angleterre n'est pas une zone franche en matière fiscale !
      « Beaucoup de Français s'imaginent qu'en quittant l'Hexagone, ils vont jouir d'une totale liberté. Malheureusement, il faut savoir qu'il existe aussi des réglementations assez strictes en Angleterre, ainsi qu'une convention fiscale franco-britannique avec laquelle on ne plaisante pas », souligne Alain Marchand. Pas de miracle pour la fiscalité des personnes physiques : célibataires, couples mariés, avec ou sans enfants, pour toutes les tranches, l'impôt sur le revenu est, en gros, équivalent des deux côtés de la Manche. En revanche, c'est très clair : le niveau de l'impôt sur les sociétés est beaucoup plus favorable chez nos voisins. Ainsi, pour l'exercice fiscal 2001, le taux d'impôt sur les sociétés est limité à 10 % pour les bénéfices inférieurs à 500 000 francs, à 20 % pour ceux compris entre 500 000 et 5 millions de francs, et à 30 % (taux maximal) au-delà. A comparer avec l'imposition à 33,33 % et au taux réduit de 25 % en vigueur dans notre beau pays... Et ce n'est pas tout. La fiscalité à laquelle sont soumises les entreprises, déjà très avantageuse au Royaume-Uni au regard de la plupart des autres pays européens, va continuer à s'alléger. Lors de la présentation du budget 2001 en mars dernier (l'année fiscale au Royaume-Uni va du 1er avril au 31 mars), le ministre britannique des Finances a annoncé une nouvelle diminution de 10 milliards de francs des taxes sur les sociétés au cours des cinq ans à venir.

    • « La législation sociale anglaise avantage les chefs d'entreprise »
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      Vrai. En Angleterre, les entreprises ont très peu de contraintes la première année où elles emploient un salarié. Elles peuvent par exemple le licencier avec un préavis d'une semaine, sans avoir de justification à donner.
      A Londres, il est possible de recruter en un temps record des ingénieurs informatiques de haute volée : c'est l'une des principales raisons qui ont incité la société Clariteam, créée en mai 1999 en France, à installer quelques mois plus tard son centre de services dans la capitale anglaise. Nicolas Kourim, PDG de cette SSII qui opère sur un créneau hyperpointu (mesure de la qualité de service fournie par les systèmes d'information des entreprises aux différentes chaînes métier), explique : « Avec notre rythme de développement très rapide, nous ne pouvons pas attendre quatre ou cinq mois pour intégrer de nouvelles recrues. Ce qui est le cas en France, du fait que les cadres sont peu mobiles et ont des périodes de préavis de trois mois. En Angleterre, la flexibilité de la législation et la réactivité des individus permettent de boucler sélection et recrutement en quinze jours. » En effet, le préavis minimal pour un salarié démissionnaire est fixé par la loi à... une semaine ! Cela dit, pas de conclusion hâtive : certes, les relations entre employeur et employés ne sont pas encadrées par un arsenal législatif (Code du travail, conventions collectives, etc.).
      Mais en contrepartie, le contrat de travail revêt plus d'importance : c'est lui qui définit les droits et les devoirs des deux parties. Or, il peut très bien obliger le salarié à respecter un préavis de un, deux ou trois mois, voire plus (aucune limite maximale n'est fixée).
      Et ce n'est pas tout. Outre-Manche, les entreprises ont très peu de contraintes la première année où elles emploient un salarié. Elles peuvent notamment le licencier avec un préavis d'une semaine, sans avoir une quelconque justification à donner. Pour autant, comme le fait remarquer Marie-Caroline Frochot : « Lorsque le salarié a plus d'un an d'ancienneté, l'employeur est soumis à des obligations plus importantes : en cas de licenciement, l'entreprise doit respecter un préavis de plusieurs semaines à trois mois ; tout licenciement doit être motivé, et un débauchage jugé abusif peut coûter cher à l'employeur. »


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