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divergences entre les législations nationales en matière
de droit de la propriété intellectuelle (utilisé
ici comme couvrant le droit de la propriété industrielle,
le droit d'auteur et les droits voisins) peuvent constituer des barrières
protectrices qui font obstacle à la libre circulation des marchandises
et des services ainsi qu'au libre jeu de la concurrence, qui sont
des principes de base du marché commun européen. Tel
serait, par exemple, le cas pour un État dont la législation
en matière de contrefaçon serait très stricte,
celui-ci pourrait facilement entamer une action en contrefaçon
contre des produits venant d'un État dont la législation
serait moins sévère. La protection
de la propriété intellectuelle est bien entendu assurée
par de nombreuses conventions internationales. L'Organisation mondiale
de la propriété intellectuelle (OMPI) et plus récemment,
l'Organisation mondiale du commerce (OMC) sont responsables de la
mise en œuvre de nombreuses conventions et traités au
niveau international. La première convention, la convention
de Paris pour la protection de la propriété industrielle,
date de 1883 et, depuis lors, plusieurs conventions et traités
ont été signés couvrant plusieurs aspects de
la protection de la propriété intellectuelle tels
que la protection des œuvres littéraires et artistiques
(la convention de Berne), et la protection des artistes interprètes
ou exécutants, des producteurs de phonogrammes et des organismes
de radiodiffusion (la convention de Rome). La conclusion de l'Accord
sur les aspects de la propriété intellectuelle qui
touchent au commerce (l'accord ADPIC) par les membres de l'OMC en
1996 à l'occasion de la conclusion du Cycle Uruguay souligne
l'importance de la protection de la propriété intellectuelle
dans le commerce. L'Accord touche plusieurs aspects du commerce,
notamment la délivrance des brevets pour, entre autres, les
produits tels que les produits pharmaceutiques. Dès lors,
l'OMC joue un rôle important dans la protection de la propriété
intellectuelle et elle a donc établi des relations étroites
avec l'OMPI. Ces engagements souscrits par tous ou certains des
États membres conduisent à une certaine uniformisation
des dispositions nationales dans des domaines spécifiques.
Celle-ci ne suffit cependant pas pour permettre
la réalisation du marché intérieur. La Commission
des Communautés européennes a donc décidé
d'œuvrer à l'harmonisation des législations nationales
dans différents domaines et à la protection efficace
et renforcée de la propriété intellectuelle
à travers le monde.
Dans un premier temps, la Commission, en ce qui
concerne la protection de la propriété industrielle,
s'est concentrée sur les marques. Les mesures adoptées
visent, d'une part, à établir une marque communautaire
et, d'autre part, à harmoniser la législation sur
les marques nationales. Le premier instrument concerne l'harmonisation
des droits nationaux. Ceux-ci ont, en effet, fait l'objet d'une
directive qui harmonise les conditions pour l' enregistrement d'une
marque nationale et les droits conférés par une telle
marque. Le deuxième instrument, le règlement sur la
marque communautaire , adopté par le Conseil le 20 décembre
1993, permet au détenteur d'une telle marque de commercialiser
ses produits dans toute la Communauté et de bénéficier
de règles uniques de protection. Il est complété
d'un règlement d'exécution, d'un règlement
relatif aux taxes et d'un règlement fixant la procédure
à suivre auprès les chambres de recours instituées
au sein de l'Office de l'harmonisation dans le marché intérieur
(marques, dessins et modèles)" dont le siège
est à Alicante (Espagne). Il importe enfin de noter que les
langues de l'Office sont l'espagnol, l'allemand, l'anglais, le français
et l'italien et que c'est l'Office qui assure la traduction des
demandes faites dans les autres langues de l'Union européenne
et qui publie les demandes dans toutes ces langues. Les dispositions
du règlement sont alignées sur les dispositions correspondantes
de la directive.
En ce qui concerne les dessins et modèles,
la démarche est similaire à celle qui fut adoptée
pour les marques communautaires. En octobre 1998, la Communauté
a adopté une directive rapprochant les législations
nationales afin de les rendre compatibles avec les dessins ou modèles
communautaires. Ensuite, un règlement instaurant un dessin
ou modèle communautaire a été adopté
le 12 décembre 2001.
Dans le domaine des brevets, il existe deux conventions.
La première, la convention de Munich sur le brevet européen
signée en 1973 par certains États membres et des pays
européens non membres de la Communauté, détermine
que des brevets peuvent être obtenus pour un certain nombre
de pays moyennant une seule demande auprès de l'Office européen
des brevets. Tous les États membres font désormais
partie de cette convention. La seconde, la convention de Luxembourg,
signée en 1975 et modifiée en 1989, définit
de façon unitaire les effets attachés aux brevets
européens demandés pour le territoire de la Communauté.
En 1997, la Commission a adopté un livre vert sur le brevet
communautaire et le système des brevets en Europe décrivant
la situation en matière de protection de l'innovation par
le régime des brevets et examinant la possibilité
d'actions nouvelles dans ce domaine. Sur base du Livre vert, une
proposition de règlement a été adoptée,
en août 2000, visant à créer un brevet communautaire
qui coexisterait avec les systèmes nationaux de brevets ainsi
qu'avec le système de la convention de Munich (le brevet
européen). En offrant une sécurité juridique
adéquate et un brevet unique pour toute la Communauté,
il permettra à l'Europe de profiter pleinement des recherches
et des nouvelles connaissances et de rattraper le retard par rapport
aux États-Unis et au Japon, en ce qui concerne l'investissement
privé en R&D (recherche et développement). L'importance
de la mise en place rapide du brevet communautaire a été
signalée lors des Conseils européens de Lisbonne et
de Feira de mars et juin 2000.
Les modèles d'utilité confèrent
également une protection exclusive pour les inventions techniques.
Toutefois, ils offrent moins de sécurité juridique
que les brevets et peuvent pour cette raison être obtenus
plus rapidement et à moindre coût. Dans son livre vert
sur le modèle d'utilité , la Commission a démontré
qu'il existe toujours d'importantes différences entre les
systèmes nationaux de protection par le modèle d'utilité,
ce qui porte atteinte à la libre circulation des marchandises.
Pour combler cette situation, la Commission a présenté,
en décembre 1997, une proposition de directive visant à
rapprocher les régimes de protection des États membres.
Par ailleurs, d'autres directives ont été
proposées par la Commission. On peut citer, par exemple,
la directive relative à la protection juridique des inventions
biotechnologiques qui a été adoptée en 1998.
En matière de droits d'auteur et de droits
voisins, la première directive a été adoptée,
en décembre 1986, concernant la protection juridique des
topographies de produits semi-conducteurs . Ensuite, la Commission
a examiné dans un livre vert de 1988 sur le droit d'auteur
et le défi technologique les problèmes les plus urgents
qui nécessitent une action immédiate sur le plan communautaire
pour faire face à l'émergence de nouvelles technologies.
Elle a adopté, en décembre 1990, une communication
relative aux suites à donner à ce livre vert qui contient
le programme de travail de la Commission en la matière. Cela
a eu pour conséquence que la Communauté a adopté
une législation harmonisée qui a porté en priorité,
sur les cas dans lesquels les disparités entre les États
membres dans la protection sur le droit d'auteur ou les situations
d'insécurité juridique dissuadent l'exploitation des
droits sur certains territoires. Cet effort a notamment concerné
la protection juridique des programmes d'ordinateur et des bases
de données , la radiodiffusion par satellite et la retransmission
par câble , les droit de location et de prêt , certains
droits voisins, ainsi que la durée de protection . Cette
harmonisation, en assurant un niveau comparable élevé
de protection du droit d'auteur dans tous les États membres,
a créé un contexte favorable à l'innovation
et à la créativité, tout en facilitant l'exploitation
de ces droits dans toute la Communauté. En 1996, la Commission
a présenté une proposition de directive visant à
harmoniser les régimes nationaux en matière de droit
de suite d'une œuvre d'art originale qui a été
modifiée, en mars 1998.
En novembre 1996, la Commission a adopté
une communication sur le suivi d'un deuxième livre vert sur
les droits d'auteur et les droits voisins dans la société
de l'information. Cette communication présente les résultats
du processus de consultation des milieux intéressés
et propose notamment les initiatives nécessaires sur le plan
législatif pour instaurer dans l'ensemble de la Communauté
des règles du jeu équitables régissant la protection
du droit d'auteur dans le cadre du marché unique. Cela a
eu pour conséquence l'adoption d'une directive sur les droits
d'auteur et les droits voisins dans la société de
l'information . Elle a pour objet l'adaptation de la législation
relative aux droits d'auteur et droits voisins aux évolutions
technologiques et plus particulièrement à la société
de l'information, ainsi que la transposition au niveau communautaire
des deux nouveaux Traités adoptés en la matière
(le « Traité sur le droit d'auteur » et le «
Traité sur les interprétations et exécutions
et sur les phonogrammes »), en décembre 1996, dans
le cadre de l'Organisation Mondiale de la Propriété
intellectuelle (OMPI). En outre, la Communauté a approuvé,
en mars 2000, ces Traités OMPI .
La contrefaçon et la piraterie sont devenues
un phénomène international ayant des conséquences
importantes sur le plan économique et social. Il est estimé
que ces activités représentent entre 5 et 7% du commerce
mondial et une perte globale de 200.000 emplois par an. Les disparités
dans les moyens de faire respecter la propriété intellectuelle,
par exemple, les régimes de sanctions entre les États
membres sont un obstacle à une lutte efficace contre la contrefaçon
et la piraterie. Afin d'aborder ce problème, la Commission
a présenté, en 1998, un Livre vert qui vise à
révéler les problèmes, à proposer quelques
actions et à provoquer un débat autour du sujet. Les
réponses des milieux intéressés ont confirmé
l'ampleur du problème et ceux-ci ont proposé des actions
à entreprendre. Il existe une forte attente pour une action
coordonnée et harmonisée au niveau de l'Union européenne.
À cette fin, la Commission a présenté, en novembre
2000, une communication sous forme de plan d'action comprenant des
actions urgentes et des actions à moyen terme à prendre
par la Commission et d'autres initiatives visant le secteur privé
ainsi que les administrations publiques. Dans le cadre de ce plan
d'action , une proposition de directive est envisagée pour
harmoniser les dispositions législatives, réglementaires
et administratives dans les États membres afin de faire respecter
les droits de propriété intellectuelle.
Pour plus d'informations sur la propriété
intellectuelle voir le site de l' Organisation mondiale de la propriété
intellectuelle (OMPI) et le site de l' Organisation mondiale du
commerce (OMC)
Dernière modification le: 23.01.2002
Source: http://europa.eu.int/index_fr.htm
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